Photo of attractive hot tempting ladies milionaire spend weekend friday in play poker roulette winning casino slotPar Beauty HeroIdĂ©esDans son dernier rapport, Oxfam rapporte que le patrimoine des ultrariches progresse sans frein. Il est alimentĂ© par une fiscalitĂ© dĂ©sarmĂ©e, pendant que les propositions de Thomas Piketty sâinstallent dans les marges dâun dĂ©bat plus politique que technique.Par Oscar Tessonneau ·19 Janvier 2025Nos sociĂ©tĂ©s contemporaines arriveront-elles Ă taxer justement les tycoons ? Ces dignes hĂ©ritiers dâindustriels amĂ©ricains comme Henry Ford ou Graham Bell se rassembleront dans quelques jours au Forum Ă©conomique de Davos. Ă quelques jours de la rencontre, la prĂ©sidente dâOxfam, CĂ©cile Duflot, a Ă©tĂ© interrogĂ©e par le journaliste de LâObs Boris Manenti. Dans son entretien, la militante pour une rĂ©elle justice fiscale fulmine : « Lâan dernier, la richesse des milliardaires a atteint un sommet historique, Ă 18 300 milliards de dollars cumulĂ©s », soit « 81 % de plus quâen 2020 », avec une accĂ©lĂ©ration spectaculaire en 2025.Les travaux de lâONG rejoignent ainsi ceux de Thomas Piketty. Dans Le Capital au XXIe siĂšcle, son essai paru en 2013, lâĂ©conomiste star rappelle que, dans nos sociĂ©tĂ©s occidentales, le rendement du capital est structurellement plus Ă©levĂ© que le taux de croissance. Autrement dit, lâenrichissement des dĂ©tenteurs de capitaux, thĂ©saurisĂ©s dans des assurances-vie ou dâautres placements, dĂ©passe largement la progression des salaires et de la production.CĂ©cile Duflot dĂ©clare que : « En France, 53 milliardaires sont dĂ©sormais plus riches que 32 millions de Français ». Elle dĂ©signe Emmanuel Macron comme le catalyseur de cette dynamique. Le locataire de lâĂlysĂ©e serait un « prĂ©sident des milliardaires ». CĂ©cile Duflot note que « le patrimoine de ces 32 milliardaires a Ă©tĂ© multipliĂ© par deux depuis 2017 », notamment grĂące « Ă la suppression de lâISF, Ă la baisse de la flat tax, Ă la faible imposition des grands hĂ©ritages ».Dans un article paru le 16 janvier, la rĂ©daction rappelait que le capital thĂ©saurisĂ©, en espĂšces ou en placements moins risquĂ©s, Ă©chappe Ă tout mĂ©canisme incitatif. Il est dĂ©sormais logĂ© dans un cadre aussi sĂ»r quâimproductif. Les consĂ©quences de ces choix ont Ă©tĂ© visibles dĂšs 2019. Ces chiffres sont une dĂ©monstration grandeur nature de la « repatrimonialisation » analysĂ©e par Piketty. Il est lâauteur de livres oĂč il Ă©tudie ce phĂ©nomĂšne. Il fut amorcĂ© dans les annĂ©es 1980, pour ramener les niveaux de patrimoine privĂ© Ă ceux de la Belle Ăpoque.Vers un impĂŽt mondialFace Ă ce retour massif des inĂ©galitĂ©s patrimoniales, la solution proposĂ©e par Thomas Piketty est simple. Il dĂ©fend un impĂŽt mondial sur le capital. LâĂ©conomiste ne rĂȘve pas naĂŻvement de mettre en place une fiscalitĂ© planĂ©taire. Il propose plutĂŽt de redonner progressivement de la cohĂ©rence politique dans un monde oĂč plusieurs lois favorisent lâaugmentation des inĂ©galitĂ©s.CĂ©cile Duflot rappelle que les milliardaires « ont 4 000 fois plus de chances dâoccuper une fonction politique que les citoyens ordinaires. LâĂ©vasion et lâoptimisation sont donc devenues la norme ». « Ce nâest plus un dĂ©bat droite-gauche », fulmine la prĂ©sidente dâOxfam, mais une question politique difficile. Pour elle, la concentration extrĂȘme du capital nâest pas seulement injuste, elle est Ă©conomiquement inefficace. PassĂ© un certain seuil, « lâaccumulation ne dĂ©pend plus de lâactivitĂ© entrepreneuriale », mais de lâinertie des rendements dâun capital thĂ©saurisĂ©.« Le patrimoine engendre le patrimoine », note Thomas Piketty. Dans une ancienne interview, il Ă©voquait le cas de Liliane Bettencourt. Sa fortune fut multipliĂ©e par dix entre 1990 et 2010. Le problĂšme nâest pas la richesse, mais sa reproduction automatique, dĂ©corrĂ©lĂ©e de lâeffort ou de lâinnovation. Câest cette logique que la taxe Zucman, proposĂ©e rĂ©cemment en France, voulait commencer Ă entamer. Elle visait Ă instaurer une taxe de 2 % sur la fortune de Français ayant plus de 100 millions dâeuros de patrimoine.Cette taxe sur les trĂšs grandes fortunes mondiales, refusĂ©e par le gouvernement mais dĂ©fendue par une majoritĂ© dâĂ©lecteurs, y compris Ă droite, rappelle Duflot. Ces signaux montrent que le terrain politique est peut-ĂȘtre en train de bouger, mĂȘme si les blocages restent solides. Pour Thomas Piketty, câest aussi une question de mĂ©moire historique. « LâimpĂŽt sur le revenu date de 1914 », rappelle-t-il, et fut une rĂ©ponse directe Ă lâexplosion des inĂ©galitĂ©s au tournant du XXe siĂšcle.Aujourdâhui, les donnĂ©es successorales montrent que les dynasties Ă©conomiques reconstituent leur pouvoir. Le capital, hier brisĂ© par les guerres, reprend sa courbe ascendante. Or, cette reconcentration des ressources « nâest pas compatible avec lâactivitĂ© ». Elle crĂ©e progressivement un dĂ©sĂ©quilibre dangereux, oĂč le mĂ©rite cĂšde la place Ă lâhĂ©ritage. Duflot le dit autrement : « Les milliardaires paient moins dâimpĂŽt sur le revenu que les infirmiĂšres ». Une phrase qui rĂ©sume un sentiment dâinjustice devenu systĂ©mique.Un revenu fiscal de rĂ©fĂ©rence nulĂ partir dâun certain seuil, la richesse cesse dâĂȘtre un rĂ©sultat de lâactivitĂ© Ă©conomique pour devenir une mĂ©canique autonome, une rente. « Liliane Bettencourt nâa pas innovĂ© depuis 50 ans, et pourtant sa fortune sâest multipliĂ©e par dix », souligne Thomas Piketty. Il prĂ©cise que lâidĂ©e dâun capitalisme mĂ©ritocratique fondĂ© sur lâeffort individuel ? « Une illusion, on en reste aujourdâhui en bonne partie Ă Balzac et Ă Vautrin. »Pour illustrer ce constat, il y a quelques jours, lâancien locataire de Bercy confiait Ă nos confrĂšres de LibĂ©ration que : « Parmi les Français les plus fortunĂ©s, des milliers ont un revenu fiscal de rĂ©fĂ©rence de zĂ©ro. Ils ne paient aucun impĂŽt sur le revenu ! ». Une rĂ©alitĂ© Ă laquelle Oxfam France, lâONG de CĂ©cile Duflot, se heurte tous les jours : « Ăvidemment ! La direction des Finances publiques lui a confirmĂ© ce que nous commencions Ă percevoir : les milliardaires ne paient pas dâimpĂŽt sur le revenu », lĂąche-t-elle.Et elle enfonce le clou : « Il est probable que certains milliardaires touchent de lâargent du fisc au titre de diffĂ©rents crĂ©dits dâimpĂŽt. » Dans ce contexte, lâimpĂŽt sur le revenu des plus aisĂ©s est devenu un leurre, poursuit Ămile Jalley. Dans un essai intitulĂ© Thomas Piketty, "Marx du XXIe siĂšcle" ?, elle Ă©crivait en 2015 que « quelque 500 niches fiscales » ne rapportent plus que 2,5 % du PIB, contre 8 Ă 10 % dans les autres pays europĂ©ens.Il nâa cessĂ© de dĂ©pĂ©rir depuis les annĂ©es 1990, au point que la CSG a Ă©tĂ© conçue comme un second impĂŽt sur la fiche de paie des contribuables français. Elle en a doublĂ© les effets, avant dâĂȘtre elle-mĂȘme aspirĂ©e dans la complexitĂ© dâun systĂšme « opaque, superposĂ© et dominĂ© par lâexĂ©cutif », incapable dâinitiative rĂ©elle. Donc, le rendement du capital est quatre fois plus Ă©levĂ© que la croissance Ă©conomique.